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Têtu : ça s’en va et ça revient !

Il y a 8 mois tous les médias français s’enthousiasmaient du retour du magazine LGBT Têtu en kiosque après plus de deux années de disparition. Après seulement 3 numéros, la publication est encore une fois aux abonnés absents dans les kiosques : titre maudit ou encore une histoire de gros sous ?

Le nouveau numéro est enfin paru jeudi 16 novembre mais seulement en version numérique après plus de deux mois de retard. La direction nous explique qu’ils ont repoussé “la sortie du numéro 216 pour être entièrement mobilisés et tournés vers l’avenir de TÊTU.”

Pourquoi avoir autant attendu alors que la publication était bien prête à partir à l’impression fin août : “tout le magazine était bouclé après des jours, des nuits pour certains, de stress, on était juste libéré et fier de notre travail (…) jusqu’à ce qu’on comprenne qu’il y avait quelque chose qui clochait” nous confie un collaborateur de la rédaction en septembre dernier.

“On pensait que c’était à cause des vacances puis de changement dans les prestataires” conclue t-il désemparé sans nous en dire plus.

Même surprise concernant plusieurs prestataires dont le photographe Sylvain Norget de la couverture du numéro 215 qui en septembre dernier n’avait toujours pas été payé.

Nous avons contacté fin septembre le directeur de publication, Christophe Vialle, qui nous confie qu’il faut que “le magazine retrouve des ressources financières pour reparaître chez les marchands de journaux”. Lorsque nous demandons des détails sur la santé financière du magazine et surtout pourquoi il ne communiquait pas dessus, M. Vialle nous répond que “les lecteurs ne s’intéressent pas à cela et ne comprendraient pas.”

Directeur de Têtu depuis juillet dernier, Christophe Vialle n’a aucune expérience dans les médias ni dans la communauté LGBT. Nous apprenons néanmoins que sa femme est directrice de production chez Madame Figaro.

Nous avons surtout compris que Christophe Vialle est un très bon communicant et que nous n’obtiendrons à l’époque de notre interview pas plus de détails sur l’avenir du magazine.

Crédit : Gratisography

Il est à noter que quelques jours après notre conversation téléphonique et une autre vidéo du photographe, toutes les factures des collaborateurs ont été réglées.

Un petit retour en arrière s’impose pour les plus jeunes : crée en 1995 par Pierre Bergé, Têtu est racheté en février 2013 pour 1 euro symbolique par Jean-Jaques Augier.

Deux ans plus tard, le titre est placé en liquidation judiciaire. En 2015 le magazine a été repris par la start-up française Idyls, pour un montant de 102 000 euros. Julien Maquaire et Yannick Le Marre, cofondateur de la société nous indiquaient qu’une version papier pourrait voir le jour début 2016.

Il a fallu attendre le 28 février 2017 pour voir le numéro 213 chez nos marchands de journaux.

Crédit : Têtu/Hervé Lassïnce avec Nari, Adrian et Nicolas

Têtu va mal mais qu’en est-il de la société S.A.S iDyls Média qui gère le titre ? Exit Yannick Le Marre, un des cofondateurs et bonjour treetops.io, un fonds d’investissement spécialisé dans les start-ups. Julien Maquaire, lui conserve 39% du capital avec deux autres associés mais ne fait plus partie de la rédaction depuis juillet 2017. Seul salarié du magazine, Adrien Naselli reste rédacteur en chef.

Pressenews, site indépendant dédié aux professionnels des médias, précise que Christophe Vialle est chargé de trouver de nouvelles sources de revenus, espérant enfin équilibrer les comptes à l’horizon mi-2018.

La direction de Têtu revendiquait 12 000 ventes bimestrielles tout comme l’autre magazine LGBT en kiosque Garçon Magazine qui vient de fêter ses deux ans et “se porte très bien”, nous confie Christophe Soret, directeur de publication de celui-ci.

Pourquoi un changement de direction et comment Têtu fait-il pour ne pas arriver à l’équilibre financier ?

Les anciens dirigeants ayant refusés de nous répondre, nous nous y sommes intéressés de plus près.

Premier point, Têtu a perdu un de ses plus gros annonceurs : l’application Blued qui a quitté le marché européen en septembre dernier. Selon nos informations, c’est plus de 12 000 euros que le réseau social gay aurait versé au magazine pour des pages de publicité et autres partenariats tous les deux mois.

Second point et cela ne vous aura pas échappé à la lecture du numéro de rentrée novembre, la maquette, la mise en page, a totalement changé. C’est désormais Julien Privat, qui officie aussi chez WAD Magazine, qui en est le directeur artistique. Têtu s’est donc passé des services de Julien Fleurence mais aussi et surtout de la société FG Presse.

Il semblerait que le divorce se soit mal passé. C’est même peu dire car Idyls Media aurait dû verser 100 000 euros d’indemnités cet été pour rupture anticipée de contrat à FG Presse, dirigé par Céline Vardon.

 

Crédit : Pexels

Vous n’avez jamais entendu parlé de Céline Vardon ? C’est normal, elle faisait partie des associées discrètes qui ont permis le retour en kiosque du magazine. Elle a investie dans la société suite à la vente des publications HOT Vidéo hérités de son mari et rachetés par Jacquie et Michel.

Celine Vardon (ancienne actrice porno connue sous le nom Tabatha Cash pour l’anecdote) était donc associée et gérante de la société en charge des prestations techniques. L’expression “les mélanges ne font jamais bon ménage” prend tout son sens ici.

Nous n’en saurons pas plus pour le moment mais la nouvelle direction de Têtu nous confirme encore que l’équipe mets tout en oeuvre pour revenir au plus vite chez nos marchands de journaux.

Pour beaucoup de lecteurs et au vu des commentaires sur les réseaux sociaux, c’est peut-être la disparition de trop : “heureusement qu’ils n’ont pas proposé d’abonnement cette fois-ci, à croire qu’ils savaient qu’ils allaient droit dans le mur, ça doit être pour ça” nous raconte Jérôme un ancien abonné de la version précédente de Têtu.

Crédit : Capture d’écran Facebook

Il a eu la mauvaise idée de payer son abonnement juste avant la liquidation judiciaire du titre en 2015 et ne s’est jamais fait rembourser, comme des centaines d’autres : “c’est trop pour moi là, c’est un manque de respect total d’avoir communiqué aussi tard, adieu Têtu !”

Si vous avez des informations ou que vous souhaiter raconter votre expérience, envoyez-nous un message via notre page contact en cliquant ici.

Par souci de transparence, CDG a collaboré avec BLUED de juin à Septembre 2017, une action est actuellement en cours, Blued n’ayant pas payé une facture de 1200 euros à CDG. De plus, l’auteur de l’article collabore avec Garçon Magazine, parmi d’autres médias LGBT et mainstream.

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Written by Tristan Barreiros

Tristan Barreiros

Tristan, jeune parisien, aime toucher à tout : people, politique et sujets de société. Il est particulièrement actif sur Twitter et aime être le premier à sortir les scoops !

Il a rapidement quitté les magazines people pour créer CDG et donner un peu plus de sens à ses articles et rêve toujours d’être le BuzzFeed Gay à la française !

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